Découvrez l’entretien de Christophe Haldi dans l’émission radio Néophiles.

 

Christophe Haldi, CEO et Fondateur de la société eeproperty, a débattu au sujet des buanderies collectives  sur la chaîne la 1ère (RTS) datant du 3 février 2016.

 

 

– Loïs Ziggen Lopez: Je ne sais pas comment fonctionne la buanderie chez vous mais pour de nombreux locataires en Suisse, il existe encore dans les buanderies ce bon vieux système de pièces de monnaie ou à la rigueur des cartes à puce qu’il faut recharger.

– Christophe Haldi : On trouve encore des monnayeurs. C’est-à-dire, qu’il faut aller avec sa petite monnaie. Il faut avoir fait sa monnaie avant, descendre à la chambre à lessive, mettre ses pièces de monnaie. Si on n’en a pas mis assez, la machine s’arrête en plein milieu : on est bon pour recommencer car tout est trempe. Il y a aussi les systèmes à carte où il faut courir derrière le concierge, qui doit à son tour, prendre l’argent, charger la carte, descendre à la buanderie et recharger. Sans compter tous les soucis qu’il y a entre les locataires parce qu’on a piqué leur plage horaire ou parce qu’on laisse la buanderie sale au locataire suivant, et j’en passe. C’est vraiment « old school ». On pourrait faire beaucoup plus simple et c’est ce que eeproperty essaie de faire aujourd’hui avec les technologies qui existent.

Voix off: Donc votre homme amène la technologie dans les buanderies, c’est ça ?

– Loïs Ziggen Lopez: Christophe Haldi a 27 ans. Il a fondé eeproperty, une start-up basée à Yverdon-les-Bains au Y Parc, depuis la fin de l’année dernière (2015). Il y a quelques mois, il commercialise son premier produit : un appareil qui connecte les buanderies. Fini les pièces ou les cartes ! Les buanderies aussi entrent dans le 21ème siècle! Sauf que pour innover dans les buanderies il faut tenir compte d’un détail bien particulier.

– Christophe Haldi : La question la plus récurrente est : « Et les personnes âgées ? ». Nos clients principaux étant les régies et les propriétaires, cette question nous est souvent posée. Nous avons pris les mesures nécessaires pour les personnes âgées. Nous avons travaillé avec elles afin qu’elles puissent bénéficier d’une utilisation simple. Nous ne voulions pas les chambouler. Nous avons développé le système pour que l’utilisation soit aussi simple que le bancomat qu’elles ont l’habitude d’utiliser. Un gros bouton rouge comme on peut voir dans tous les films : on tape dessus parce qu’on a envie d’appuyer dessus. C’est-à-dire que sur le produit nous avons mis sur l’écran tactile deux petites machines. On appuie sur celle que l’on souhaite utiliser, on introduit son code et c’est tout. Le paiement? Pas besoin d’aller sur internet pour recharger. Il faut utiliser un bulletin de versement comme elles ont l’habitude d’utiliser pour payer le loyer, les factures ou autres.

– Loïs Ziggen Lopez : La population suisse vieillit et s’il y a un lieu de vie où cela se constate, et bien c’est dans les immeubles.

Voix off : Et dans leurs buanderies.

– Loïs Ziggen Lopez : Oui, rien ne sert d’intégrer une technologie sans tenir compte de son marché, et ce marché vieillit. En sortant de l’Ecole d’Ingénieur, Christophe Haldi s’est tourné vers les technologies et la connexion liées à la maison de demain. Il ne pensait pas devoir adapter son système à cette clientèle en particulier, en tout cas, pas autant.

– Christophe Haldi : Je ne pensais pas qu’on allait devoir autant travailler dessus, c’est vrai. On ne veut pas les mettre de côté car beaucoup de gens, oublient les personnes âgées. Par exemple, il y a des téléphones qui sont faits exprès pour eux : les smartphones qu’on utilise tous. Nous ne voulions pas créer quelque chose de différent, nous tenions à ce que ce soit la même chose pour tout le monde, et ainsi ne pas les ignorer.

– Loïs Ziggen Lopez : Une réalité socioculturelle qui a rattrapé son projet technologique.

Voix off: Vous ne nous avez pas dit Loïs, au départ, pourquoi ou comment, Christophe Haldi, s’est intéressé comme ça aux buanderies.

– Loïs Ziggen Lopez : Si on devait résumer, je dirais l’opportunité. Il avait entendu un jour que les buanderies étaient d’une part, les oubliés du monde connecté, d’autre part, une source de problèmes dans la vie en communauté. Pendant ses études, il a commencé à travailler sur cette problématique. Et puis évidemment, il y a aussi sa personnalité : Christophe Haldi n’aime pas les voies toutes tracées.

– Christophe Haldi : Je viens d’un quartier populaire, d’une famille modeste, j’ai commencé de là. Quand j’étais en prégymnasiale, on me disait qu’il fallait aller ensuite au gymnase. Parce que c’est comme ça. Il n’y a pas d’apprentissage quand on est dans cette voie. Je suis donc allé au gymnase et ça ne m’a pas convenu. Du coup, j’ai effectué un apprentissage en électronique, et de là, j’ai fait une maturité professionnelle. Par la suite, j’ai hésité entre l’EPFL et l’Ecole d’Ingénieur. J’ai donc pris la décision d’étudier à l’HEIG d’Yverdon car cette école me correspondait d’avantage, de par son aspect pratique.

– Loïs Ziggen Lopez : Un parcours qui l’amène aujourd’hui au statut d’entrepreneur. La jeune société eeproperty a été fondée l’an dernier. Depuis, la commercialisation à la fin de l’année dernière, en quelques semaines, il a équipé déjà une dizaine de buanderies en Suisse romande. Histoire de montrer aussi que la technologie et les nouveaux produits n’oublient personne.

Voix off: Ni même les buanderies.

– Loïs Ziggen Lopez : Ah on peut le dire !

Retrouvez l’interview originale sur le site de la RTS